Je doute , donc je suis ...

Publié le par vero-vole

Voilà, j'avais 15 jours devant moi avant ma première leçon. 15 longs jours où je me levais le matin en me disant que j'étais folle et que je n'y arriverai pas. 15 longs jours où je me couchais le soir sûre de moi, volontaire et motivée.

A tel point que, en même temps que je contactais une femme pilote pour me "rassurer", je potassais le manuel du pilote d'ULM.

 

Beaucoup de questions se posaient à moi :

- je rentre dans un monde quasi exclusivement masculin, serais-je acceptée ? Ne vais-je pas passer pour une illuminée à leur yeux et les inciter à me prendre de haut (ce que je déteste par dessus tout) ?

- je n'y connais rien en mécanique, et j'ai toujours bloqué en physique et en climatologie, malgré mes études de géo, doutesmes bons résultats en math et mes capacités à démonter/monter des choses compliquées à partir d'un modèle ou d 'un schéma complexe.

- est-ce que je vais être capable de voler seule un jour sans appréhension ? Est-ce que suivre des cours sera suffisant ?

- est-ce que je choisis le bon engin ? Le pendulaire demande quand même une certaine force, en particulier lors de turbulences, alors que le multi-axe ne demande pas cette force, mais ne permet pas d'avoir les pieds dans le vide. Une amie voltigeuse aérienne a même eu un cri du coeur "Ah non, tu ne vas quand même pas apprendre sur un pendulaire !". Ce qui n'aide pas à me rassurer.

- ma famille, et en particulier mon mari, n'est pas favorable à ce que je vole, surtout dans ce type d'engin. Il va me falloir les convaincre également.

 

Ces doutes, je les ai eu jusqu'au dernier moment, à savoir jusqu'au début de mon 1er cours. Et ce même si mon amie pilote de pendulaire - qui a commencé à un age plus avancé que le mien et qui a un gabarit qui pourrait  être un frein à cette pratique -m'avait dit "Fonce, vas-y, fais-toi plaisir . Tu apprends et puis tu verras. Mais tu y arriveras".

 

Et puis, ce doit être l'assurance de mon instructeur quand à mon apprentissage, l'absence totale de ce regard de haut que je redoutais tant, et la façon très simple qu'il a eu d'expliquer les choses (sans me prendre pour une idiote, du moins, c'est ce que j'ai ressenti) qui m'ont fait penser que : oui je peux y arriver et au moins, il faut que j'essaye et que j'aille au bout.

 

Si je ne le fais pas maintenant, je risque de le regretter.

Mon mari, coureur de marathon et du 100 km de Millau, me parlait de "dépassement de soi", chose que je ne comprenais pas.

Maintenant, je comprends.

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